Hélène Angeletti


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«(...) La mer des Calmes était baignée d'une prodigieuse lumière, doucement effleurée par les ombres. Il y avait un récif, pareil à un menhir de nacre, immense, découvrant des cavités secrètes, des grottes en spirale ourlées de dentelles translucides. Je m'y promenais comme dans un bouclier. (...) Dans chaque cavité je m'attendais à voir frayer des poissons des mollusques.(...) Le menhir-coquillage croissait dans une joyeuse exubérance de cristal.(...) Je pouvais rester là, la vie entière... Quelle vie? Etait-ce la vie? Peut-on mesurer l'espace en termes de vie? Autour de ce soleil-aiguille gravitaient en désordre d'autres planètes aux formes multiples et harmonieuses. Elles se heurtaient parfois, mais sans heurt; elles se fondaient l'une dans l'autre, elles s'épousaient; ou bien elles éclataient, s'ouvraient toutes entières, s'éparpillaient en bouquets épanouis, avec des mouvements de filandres. J'entrais avec ivresse dans ce ballet triomphal. Les courants chauds me faisaient monter et descendre. De mes mains grandes ouvertes, je caressais des bords humides et tièdes qui s'enfonçaient sous mes caresses. J'y façonnais des alvéoles dont chacune était une invite, berceau ou tombe, malléables à merci, ou je pouvais creuser ma place et dormir.(...) »

Maurice PONS, ROSA


chronique fidèle des événements survenus au siècle dernier dans la principauté de Wasquelham, comprenant des révélations sur l'étrange pouvoir d'une certaine ROSA, qui faisait à son insu le bonheur des plus malheureux des hommes. 1967

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