Hélène Angeletti

« L’esprit supérieur est un esprit mou qui s’abandonne et ne dirige pas. » écrit le philosophe chinois Tchouang Tseu. Mes sculptures suspendues sont souples et malléables. Elles évoquent des organes autonomes délestés dans l’espace. Elles flottent entre ciel et terre, se répandent dans le vide. Privées de tout appui matériel, leur structure exhibe son élasticité, ses rondeurs ; leur forme s’abandonne, telle des seins, aux lois de la pesanteur. Une répartition particulière du poids et de la masse résulte de cet état de suspension quasiment dépourvu de contraintes : une verticalité de la plupart des œuvres dont les capacités automorphiques sont mises en jeu. Un agrégat d’organes qui se réorganisent à partir de points d’accrochage tels des crémasters improvisés. Ainsi, de cette verticalité imposée, naît une articulation spécifique des organes de ces corps dont l’expression trouve sa source dans une rencontre entre texture, couleur, volume, matériau et crochetage.

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